/ Raphèle
Croix à Raphèle porche

Porche de l’église de Raphèle-les-Arles

À l’aune des siècles, notre église de Raphèle est toute jeune, puisqu’elle a été construite entre 1851 et 1854. Son aînée de Moulès peut se targuer de presque deux siècles de différence, son édification remontant au règne de Louis XIV. Sous ses deux successeurs, Louis XV et Louis XVI, puis pendant les sombres jours de la Révolution et de l’Empire, la paroisse de Moulès est celle qui est en charge des âmes raphèloises. La Restauration, sous Louis XVIII, puis sous son frère Charles X, réveille les espoirs de bon nombre de fidèles catholiques, dont quelques Raphèlois. Or, à cette époque, l’église de Moulès se révèle trop exiguë pour accueillir la foule des fidèles, spécialement les jours de solennité, où bon nombre doivent rester dehors. À ce constat s’ajoute le mauvais état du chemin menant de Raphèle à Moulès, souvent boueux et peu praticable.

Et c’est en 1837 qu’une première initiative voit le jour : deux Raphèlois, messieurs Ginet et Cartier, présentent une pétition à l’Archevêque d’Aix et au Maire d’Arles, en vue de la construction d’une église à Raphèle. Ce bel élan n’aboutit pas tout de suite, et profite d’abord à l’église de Moulès, qui en ressort agrandie. Toutefois les vaillants fidèles ne s’avouent pas vaincus et bataillent ferme. 1848 est pourtant un coup dur pour leur moral, puisque les républicains, anticléricaux, reviennent au pouvoir Heureusement, la tendance politique de la ville d’Arles est alors bien différente de celle de la capitale, et la décision de construire une église à Raphèle est finalement entérinée par le conseil municipal le 5 août 1850. Monsieur Victor fait don d’un terrain, et c’est l’architecte Véran qui est chargé de concevoir les plans de l’édifice ; les difficultés financières contraignent l’homme de l’art à revoir ses dépenses à la baisse, le clocher par exemple ne sera ajouté que plus tard. Malgré tout, c’est une belle petite église qui est enfin achevée et généreusement dotée de nombreux objets de culte et d’ornement ayant appartenu aux divers ordres de Pénitents présents à Arles. Le 15 janvier 1854, les fidèles sont en liesse : les curés des environs, ainsi que quelques autorités civiles, se réunissent pour la bénédiction du sanctuaire.

Bientôt, l’abbé Tassy, curé de la paroisse de Moulès, est chargé des offices de Raphèle, et dès 1864, l’église a son propre curé, l’abbé Marroc. En 1905, lors de la spoliation des biens de l’Église par l’État, l’abbé Magnan, curé de Raphèle depuis l’année précédente, s’insurge vigoureusement, se réclamant de l’autorité du Pape Pie X, qui vient de condamner la loi de séparation. Il fait notamment valoir que toute l’église de Raphèle ainsi que les biens qu’elle contient sont issus de donations des fidèles, et que par conséquent l’État n’a absolument aucun droit les concernant. Mais le laïcisme remporte cette bataille.

Depuis lors, une demi-douzaine de curés se sont succédés, et l’église de Raphèle s’est acquis un certain renom dans le monde félibréen, pour son attachement aux traditions vernaculaires, en particulier pour sa célèbre messe des bergers.

Étapes des travaux de remplacement de la Croix de Malte (ou Croix de Saint Jean ) surmontant le porche de l’église:

   
   Croix à Raphèle