/ Non classé / Méditations du Jour Père Hervé Paix&espérance : du 8 au 21 nov 2020

Méditations du Jour Père Hervé Paix&espérance : du 8 au 21 nov 2020

Paix et espérance 8 novembre

La 2nde lecture de ce dimanche est extraite de la 1ère lettre de saint Paul aux Thessaloniciens, qui est le 1er écrit du nouveau testament moins de 15 ans après la mort-résurrection de Jésus-Christ. Saint Paul va au plus important : la résurrection ; si nous nous convertissons, c’est pour recevoir et vivre des grâces, au 1er rang desquelles : le don de la Vie Eternelle. Si Paul le souligne, c’est pour en marquer l’importance mais aussi pour manifester que ce n’est pas si évident pour ces nouveaux chrétiens. Est-ce plus évident aujourd’hui ? J’en doute. Chacun, à chaque génération, doit se réapproprier cet essentiel, ce fondamental de la foi. Si je choisis d’être chrétien(ne), c’est pour vivre en fils/fille bien-aimé(e) héritier(ère) de la Vie Eternelle. Face à l’adversité et aux turpitudes de ce temps, quels sont mes fondamentaux, mes essentiels ? Je dois y répondre et je peux même me les écrire !!! Trésor précieux, huile de ma foi, que je peux confier à Dieu par la prière.Je ne serai pas de ces vierges insensées, mais au contraire, de ces sensées qui ont de la réserve dans leur cœur pour accueillir l’Époux. (cf. Évangile du jour)

 Belle veille avec le trésor de la foi. 

Père Hervé 

Paix et espérance 9 novembre

« Dieu qui es bon et tout-puissant, éloigne de nous tout ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave, ni d’esprit ni de corps, nous soyons libres pour accomplir ta volonté. Par Jésus Christ... » Cette prière d’ouverture résonne en cette 32ième semaine du T.O. Elle dit notre confiance que nous mettons en Dieu, bon et tout-puissant.  Dieu est bon : il veut le bonheur de ses enfants que nous sommes, et étant aussi  tout-puissant, il peut réaliser sa volonté. Qu’est-ce qui m’arrête ?Le confinement, la peur de contracter le virus, la peur de problèmes économiques, pour moi ou des proches, la peur d’être atteint par un attentat, la peur d’être privé de ma liberté, une inondation à Nice, …Beaucoup de choses, des contraintes, peuvent entraver mon corps et mon esprit. Éloigne de moi tout cela !Est-ce à dire que Dieu, tel un super héros ou un magicien, agirait contre les lois de la nature (qu’il a données à la Création) ou, contraignant la liberté personnelle, il me préserverait de tout mal, en imposant unilatéralement, à tous, de faire le bien ? Cela n’est pas sa volonté : nous ne serions pas libres et donc nous serions incapables d’aimer. Or, Il veut une réponse d’amour ! Quelles que soient les contraintes extérieures, par ma liberté intérieure, je peux décider d’aimer.Jésus, cloué sur la croix, peut encore choisir de donner sa vie par amour ou pas (‘nul ne prend ma vie, c’est moi qui la donne’). Personne ne peut me priver de ma liberté intérieure, sauf moi-même si je me laisse aliéner ou me contente de vivre de manière grégaire. Dans les turpitudes de ce monde, je peux demander à Dieu sa force (l’Esprit Saint) de choisir d’aimer en chaque pensée, parole, action ; alors, rien ne m’arrêtera et j’accomplirai la volonté divine à chaque instant.

Bon confinement extérieur pour faire grandir ta liberté intérieure.  

Père Hervé

Paix et espérance 10 novembre

Aujourd’hui, nous fêtons saint Léon le Grand. Quelle belle figure ! Pape pendant 21 ans (440-461). Docteur de l’Église : il combattit les hérésies manichéenne, pélagienne et monophysite.Tout n’est bon pas ou mauvais, la vision du monde en noir et blanc de Mani (ou de Bush) est bien trop réductrice pour être vraie.Tout ne peut pas s’obtenir à la force du poignet, l’ascèse et le volontarisme de Pélage oublient l’œuvre et l’amour de Dieu qui, seul, donne le salut.Eutychès, réduisant la personne de Jésus-Christ à sa seule nature divine (monophysisme), nie son humanité : il n’est donc pas chrétien. Le Christ est une unique personne où subsiste les 2 natures distinctes  parfaitement unies dans l’union hypostatique. En cela, Léon aurait pu déjà recevoir le titre de ‘grand’. Mais il fut aussi celui qui définit la liturgie comme commémoration actualisée du mystère, c’est-à-dire que la foi permet à celui qui entend l’Évangile, d’être présent spirituellement à l’événement. Ce n’est pas un simple récit d’un acte passé mais l’actualisation pour l’auditeur de cet acte. Enfin, si je m’arrête à seulement 3 points, Léon fut, dans ces temps ô combien perturbés du Vième siècle (Attila, Genséric), celui qui se leva, au nom de sa foi, de l’espérance et par la parole, face à la barbarie pour protéger ses frères et sœurs en humanité. Oui, saint Léon, tu es grand’ ; brille encore pour nous, aujourd’hui ; que le témoin du Christ que tu es, soit notre guide spirituel mais aussi humain ; ainsi, face au délitement de la société, nous oserons proposer humblement le chemin du Christ Sauveur.

Belle journée à vous.

Père Hervé

Paix et espérance 11 novembre

Paix & Espérance 
Fête de Saint Martin, solennité pour notre unité pastorale. 
Sainte fête à chacun de nous.
« Dieu qui as révélé au monde que les artisans de paix seront appelés tes fils, aide-nous à rechercher toujours cette justice qui seule peut garantir aux hommes une paix solide et durable. »Prière de ce jour
Martin qui a vécu 25 ans d’armée, qui est le patron des soldats, qui a refusé de se battre en choisissant d’être bouclier humain ou en choisissant de négocier avec les brigands, leur parlant du Christ, qui a partagé son manteau avec le pauvre, Martin donc est cet artisan de paix, il est ce fils de Dieu.
Qu’il soit notre guide pour vivre une paix solide et durable, et d’abord dans notre cœur, avec nous-mêmes et avec les autres.
Au jour où nous commémorons l’armistice de la 1ère guerre mondiale que les combattants voulaient la « Der des Der », prions pour toutes les victimes, civiles et militaires de ces boucheries que sont les guerres qui permettent aux plus vils instincts d’être à l’œuvre.
Œuvrons à laisser l’Esprit saint rayonner, par nous, l’Amour du Créateur et non-moins Père. 
Belle fête dans nos maisons.
Père Hervé 

Paix et espérance 12 novembre

15 jours déjà que nous recevions l’annonce du reconfinement, jour où le point sur la situation sera fait.Que le Seigneur éclaire les décideurs et leurs conseillers.
Lors du 1er confinement, je nous avais fortement invité à choisir des rites pour jalonner notre journée ; je l’ai évoqué le 3 ou 4 novembre, mais je dois dire que, personnellement, je peine beaucoup. J’ai comme un faux rythme, les jours défilent sans que je les habite vraiment, sans rien « faire », si ce n’est ce message du matin.
C’est peut-être parce qu’un coin de mon cerveau sait que, confinés ou pas, il va nous falloir vivre avec ce (ces ?) virus.
Le temps d’avant est fini, un nouveau temps arrive, mais ce n’est pas la Jérusalem d’en haut ! Ce que saint Paul ou saint Jean ont dû connaître et vivre : ils attendaient le retour du Seigneur et il n’arrivait pas…
On ne peut pas vivre la nouvelle situation comme une pause, comme quelque chose de temporaire, de passager , il nous faut nous établir durablement dans cette nouvelle réalité de vie en « temps pandémique ».
C’est vrai pour notre vie quotidienne, port du masque, distanciation sociale, sorties ‘limitées’, télétravail favorisé …C’est vrai aussi pour notre vie ecclésiale, assemblée réduite, usage des réseaux sociaux développé pour la catéchisme, communion fraternelle à réinventer, accompagnement personnelle à développer…Une nouvelle église dans sa forme mais qui sera et restera l’Église de Jésus-Christ.
De multiples questions, l’une sera comment être une église (assemblée) chaleureuse dans un monde « individualisé » où l’économie est centrale ?
L’Eglise a traversé bien des crises, elle a su s’adapter  pour dire aux différentes cultures, civilisations le message du Christ. N’ayons pas peur, le Christ nous guide, passons confiants sur l’autre rive en nous aimant les uns les autres.

Belle journée. 

Père Hervé 

Paix et espérance 13 novembre

Nous voilà rassurés jusqu’au 1er décembre, nous sommes confinés… après certainement, mais on ne nous  le dit pas, les réunions à plusieurs dizaines de personnes sont à éviter pour le jour de l’An (et les célébrations de Noël ?).Préparons-nous !Inventons une nouvelle manière de célébrer (ensemble) !
N’oubliez pas de régler votre redevance audiovisuelle, vous risqueriez de manquer les annonces ministérielles… (et votre taxe d’habitation, si vous y êtes assujettis)…Humour… grinçant ou grincheux, oui !
Hier, je nous invitais à rétablir nos rites et rythmes de croisière … de confinés. Face à l’incertitude du lendemain, l’appel à vivre doit être le plus fort, je me dois de vivre en mettant en place les essentiels.
Qu’est-ce que je veux vivre ? Comment vivre ces différentes réalités, avec qui ?
Mes besoins animaux, me nourrir, dormir, me reproduire ; mes besoins humains, raisonner, me cultiver, être sociable ; mes besoins spirituels, prier, espérer, témoigner charitablement de l’Amour du Christ.
Animal. Je veille à mon sommeil, à une nourriture suffisante et équilibrée, à mes enfants, petits-enfants.
Humain. Quels dialogues, vais-je entretenir, avec qui ? Quels livres (de papier ou électroniques) vais-je travailler ? Quels liens, téléphoniques ou en « présentiel », vais-je développer ?
Spirituel. Ma prière chez moi et dans l’église ouverte la plus proche ; le symbole de l’ancre (l’espérance) présent dans la croix de Camargue, je ne puis le délaisser ! ; chercher, trouver l’acte charitable quotidien que je poserai (penser téléphoner à une personne isolée ou pour qui je compte, aider tel ou tel organisme caritatif en étant bénévole ou en offrant une aide financière ; oser partager le bonheur que ma foi me procure…)
Que, malgré les contraintes et les incertitudes, je rayonne de VIE !
Belle journée. 
Père Hervé

Paix et espérance 14 novembre

Paix & Espérance
Demain journée nationale du Secours Catholique. Sensibilisation aux pauvretés, appel aux bénévoles et appel au don.
« Rends-moi justice contre mon adversaire », crie la veuve de la parabole de l’Évangile. Le juge le fait pour une raison discutable (ne pas être dérangé). Peut-être, notre monde s’ouvrira à la Parole pour des raisons discutables, mais il le fera !
J’ai à y croire ! Puisque la question de Jésus, au final de la parabole, est : le Fils de l’Homme trouvera-t-il la foi quand il viendra ?
Je n’ai pas à croire parce qu’il faut croire (ce serait du fidéisme, comme le Père Paneloux dans la Peste de Camus), mais j’ai à choisir librement d’accueillir la Révélation divine parce que, au cœur des nombreuses turpitudes de ce monde, j’ai vu, je suis témoin des merveilles, de la puissance, de la victoire de l’Amour.
L’amour triomphe de toute adversité. Il est infiniment puissant, il ne détruit pas, il construit, peut-être dans la difficulté et l’épreuve, mais oui, il construit un avenir heureux pour moi et ceux que je décide d’aimer.
Personne ne peut m’obliger à aimer ; mais si je le décide, rien ne pourra m’arracher le bonheur que Dieu veut me donner.
Personne dans le monde ne sera obligé d’aimer, mais la force communicative de l’amour triomphera, au final, des mesquineries, des intérêts particuliers…
Et si, concrètement,  chaque jour, je décide de poser un acte d’amour envers … mes enfants, mon époux(se), mes parents, un ami, un voisin, un collègue, une personne que je connais, une personne dans le besoin, une personne éloignée, un étranger, un ennemi…J’ai, au moins, le temps et la force de la prière pour cette personne ou pour demander à Dieu cette force ; j’aurai, peut-être, l’audace de plus.
Et si je réussis (ou j’ai réussi), ne serait-ce qu’une fois, je suis alors témoin de cette transformation du monde, la foi sera là quand le Fils de l’Homme viendra !
Belle journée, éclairée de cet acte de charité que je vis.
Père Hervé 


Dimanche 15 novembre

Journée mondiale des pauvres, journée nationale du Secours Catholique.
Je crois que la célébration de l’eucharistie, en communauté, en particulier le dimanche, est un bien essentiel !
Je n’appelle pas à la désobéissance car la mesure sanitaire d’interdiction vise à préserver des vies. L’amour du prochain est un des commandements  du Seigneur avec celui de l’aimer, Lui. Je prie pour la cohérence des mesures sanitaires.
Je nous invite à aimer le Seigneur et à le manifester, en ces temps difficiles.De toutes les maisons de Mas Thibert, de Moulès, de Raphèle et de saint Martin, une prière fervente peut résonner ;  une messe peut être suivie sur le web ou à la télévision ; la Parole de Dieu peut y être lue, seul ou en famille ; je peux veiller sur quelqu’un dans le besoin. Enfin, je peux me rendre à l’église pour prier et dire mon lien de communion avec toute la communauté, sans y faire de rassemblement(motif familial impérieux sur l’attestation, réponse gendarmerie BdR) Le Seigneur est honoré et Il veille sur nous.
Seigneur, ouvre mes yeux (et ceux de tous) sur les pauvretés de notre monde, économiques, affectives, physiques ou morales.Seigneur, donne-moi d’agir pour mon prochain, à la mesure du temps dont je dispose, en m’engageant dans un mouvement caritatif au nom de mon amour du Christ ou en veillant à ceux dont tu me demandes d’être proche (coup de téléphone, aide aux courses, entraide…). Seigneur, sollicite ma charité pour me faire partager mon avoir, suivant mes moyens, avec le Secours Catholique (ou d’autres) qui aide le frère dans le besoin au nom de l’amour demandé par Dieu.Seigneur, donne-moi de garder et de développer les liens de fraternité ecclésiale et humaine.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde dans sa paix.Le Père et le Fils et le Saint Esprit. 
Vivez dans la paix du Christ. 
Père Hervé 

Lundi 16 novembre

« Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ! »cri de l’aveugle de Jéricho dans l’évangile du jour.
Aujourd’hui je peux crier vers le Christ, mais quelle sera ma réponse à sa demande : Que veux-tu ?
Fais disparaître la Covid ; protège ceux que j’aime ; donne le discernement aux décideurs ou aux chercheurs ; donne-moi la possibilité de te célébrer avec toute la communauté réunie à Noël ; que ma vie redevienne comme avant…
« Ta foi t’a sauvé ! » La vue est rendue à l’aveugle, mais sa vie peut-elle redevenir celle qu’elle était avant ? Non !
Est-ce que je crie encore vers Dieu ? Est-ce que je veux qu’il change quelque chose ? Quoi ?Est-ce que j’ai confiance en lui ? Quelle est sa volonté pour moi ? Est-ce que je vais vivre selon cette volonté ?6 questions…Aucune ne peut être omise. Personnellement, communautairement, et même en société, ces questions appellent réponses.
Les crises sont des moments de croissance ou de chute ; mais elles sont nécessaires et inévitables pour grandir.
Les gens mangeaient, faisaient du commerce… jusqu’au déluge. Les hébreux étaient bien installés en Egypte pendant près de 2 siècles,  puis vint l’Exode.Le roi, le peuple était bien installés en terre promise, puis vint l’Exil. Hérode avait reconstruit le temple, les Romains toléraient le judaïsme et laissaient faire, mais Dieu s’est fait Homme et tout fut bouleversé…L’évangélisation des campagnes, la querelle des investitures, le monachisme, les missionnaires partant à l’autre bout du monde, les floraisons de sainteté après de multiples crises…
Combien l’Histoire nous apprend à faire confiance ! Oui les temps de crise sont douloureux mais la vie surabonde ensuite.
Nous traverserons cette crise, que le Seigneur nous soutienne et que notre foi soit à l’œuvre. »Si vous avez la foi gros comme un grain de sènevé, vous direz à l’arbre que voici, va te planter dans la mer et il le fera ! »Le texte biblique est au conditionnel…

Belle journée. 
Père Hervé

Mardi 17 novembre

Le verdict est tombé : pas avant le 1er décembre (si les conditions le permettent…) mais avec un nouveau protocole sanitaire (quelles mesures supplémentaires ?) … célébrations de Noël ? (Qui a une boule de cristal !!!)
Face aux incertitudes générées en permanence, la confiance de l’enfant, non pas inconscient mais bien-aimé du Père.Face à l’incapacité de comprendre autre chose que l’économie, la liberté de l’enfant, non pas irresponsable mais bien-aimé du Père.Face à la révolte, la paix de l’enfant non pas capricieux mais bien-aimé du Père.
Oui, la situation est difficile à vivre, les espoirs sont « douchés » par de tardives réponses ex-cathedra, paraissant injustes, infantilisantes et irrespectueuses.
Mais notre foi, incomprise, n’est pas remise en cause, à nous de la vivre dans ce monde (« vous n’êtes pas du monde mais vous êtes dans ce monde » disait Jésus).
Chaque jour, je peux choisir de vivre : une prière personnelle ou en famille, chez soi ou à l’église ; et lire un passage de la Parole de Dieu ou d’un écrit spirituel ; et poser un geste de charité envers une personne isolée ou dans le besoin ; et appeler un frère ou une sœur de la communauté paroissiale pour prendre des nouvelles et entretenir la fraternité ecclésiale.
Ma foi est vivante et active, je suis dans l’attente ‘espérante’ de pouvoir la vivre et la célébrer avec d’autres, bientôt… 
A partir du 29 novembre, 1er dimanche de l’Avent, des propositions de prières communes paroissiales, un livret diocésain de méditation et des permanences de confession (et d’autre sacrement), seront possibles pour vivre une nouvelle année liturgique et nous préparer à la Nativité.
Finissons cette année liturgique, chaotique, dans l’Espérance et la foi active.
Belle journée. 
Père Hervé

Mercredi 18 novembre

Paix & Espérance
La Parole de Dieu.Nous ne sommes pas la « Religion du Livre », nous sommes les témoins de la Parole.
‘Dieu dit et cela fut’. ‘Le Verbe s’est fait chair’.Avant d’être écrit, la Bible (qui veut dire ‘livre’ en grec) est transmise par l’oral.
Le passage à l’écriture de l’Ancien Testament s’est fait progressivement durant la royauté ; mais les textes sacrés furent regroupés au moment de l’Exil : le Temple de Jérusalem (qui  conservait les tables de la Loi) est détruit, alors le Livre de la Loi (la Torah) conservera, en terre étrangère, le Temple (par sa description) et donc les Paroles de Dieu.
Pour le Nouveau Testament, c’est après un siècle de transmission orale que, face aux persécutions (risquant de faire disparaître les porteurs de la Parole), l’Église va s’efforcer de collectionner par écrit les paroles et actions de Jésus-Christ (Evangile), les actes des 1ers chrétiens (Actes des apôtres et lettres) et la Révélation eschatologique (l’Apocalypse).
Les moments de crise ont amené à  cette nouvelle modalité de transmission.
Mais c’est dans et par l’Esprit que la Parole, qui est la Personne même du Fils, peut-être reçu en vérité. Ce n’est pas la lettre de la Loi dont il nous faut témoigner, mais nous avons à vivre l’esprit de la Personne qui est Parole Vivante de Dieu.
La modalité de transmission peut être amenée à changer ; mais l’objet de la transmission demeure Jésus Christ, Fils de Dieu fait Homme.
Il me faut cotoyer la Parole, chaque jour et tout le jour ; il me faut la ruminer à chaque instant ; il me faut vivre avec et par Jésus en permanence, pour être son témoin aujourd’hui dans cette ère du numérique. 
Le passage, hier, de l’oral à l’écrit, m’invite, aujourd’hui, au passage de l’écrit au visuel et virtuel. Le mot passage se dit Pessah (Pâques) en hébreu.
Belle méditation de la Parole de Dieu.
Père Hervé

Jeudi 19 novembre

Et si, aujourd’hui, je cherchais à avoir le regard de Dieu sur la Création, sur moi !
Nous connaissons tous, je pense, le Christ de Dali (reprenant un dessin de saint Jean de la Croix), la vision plongeante du Père sur le monde, par la croix de son Fils (sans marque de la Passion). Les exercices spirituels, de saint Ignace, nous invitent, eux aussi, à commencer par ‘prendre la place’ de Dieu, contempler la Création à partir du ‘regard’ de Dieu…
Et si, chaque matin, j’adoptais ce rite dès mon réveil. Prendre le temps, avant que la 1ère douleur, le 1er sms, le 1er mail, le 1er post, le/la 1er/ère … vienne perturber, troubler mon esprit, prendre le temps, donc, de m’émerveiller de ce que j’ai construit, réalisé, accompli dans ma vie ; prendre le temps de poser le regard miséricordieux (i.e. bienveillant et bienfaisant) du Père sur toute chose et toute personne, y découvrant la beauté (peut-être cachée ou obscurcie par le péché) mais véritable de l’être ;  prendre le temps de chercher ce qu’il y aura de beau, de bon, de vrai, de juste à bâtir, à encourager, à développer … aujourd’hui 
Quelle serait alors ma journée ?
Essayons quelques jours !!! et nous verrons bien…
Belle journée. 
Père Hervé

Vendredi 20 novembre

Continuons de porter le ‘regard’ de Dieu sur le monde, installons notre rite matinal.
« Il remplira tes entrailles d’amertume,mais dans ta bouche il sera doux comme le miel. » (de la 1ère lecture)Aujourd’hui, j’aurai envie de dire l’inverse : combien les mesures sont désagréables en bouche (1ère impression), mais combien elles sont douces à mes entrailles (parce que je vois qu’elles sauvent des vies !)
Le jour où je pourrai réaliser cette inversion en vérité, je vivrai bien mieux les sacrifices consentis, ils auront du sens.
Dans le psaume, « qu’elle est douce à mon palais ta promesse », je puise une consolation et une espérance que je suis appelé  à vivre dans la prière (re-)trouvée (selon l’évangile).
Le chemin semble tout simple, mais seulement quand j’ai changé de référentiel : si je regarde à visée humaine, l’amertume est trop forte ; si je regarde à visée divine, le salut est là, « tout proche ».
Seigneur, donne-moi ton regard sur les personnes humaines et les réalités terrestres. 
Belle journée. 
Père Hervé

Samedi 21 novembre

Une tragédie mondiale comme la pandémie de Covid-19 a réveillé un moment la conscience que nous constituons une communauté mondiale qui navigue dans le même bateau, où le mal de l’un porte préjudice à tout le monde. Nous nous sommes rappelés que personne ne se sauve tout seul, qu’il n’est possible de se sauver qu’ensemble […] et reste manifeste, encore une fois, cette [heureuse] appartenance commune, à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères».
Le monde a inexorablement progressé vers une économie qui, en se servant des progrès technologiques, a essayé de réduire les ‘‘coûts humains’’, et certains ont prétendu nous faire croire que le libre marché suffisait à tout garantir. Mais le coup dur et inattendu de cette pandémie hors de contrôle a forcé à penser aux êtres humains, à tous, plutôt qu’aux bénéfices de certains. Aujourd’hui, nous pouvons reconnaître que «nous nous sommes nourris de rêves de splendeur et de grandeur, et nous avons fini par manger distraction, fermeture et solitude. Nous nous sommes gavés de connexions et nous avons perdu le goût de la fraternité. Nous avons cherché le résultat rapide et sûr, et nous nous retrouvons opprimés par l’impatience et l’anxiété. Prisonniers de la virtualité, nous avons perdu le goût et la saveur du réel». La douleur, l’incertitude, la peur et la conscience des limites de chacun, que la pandémie a suscitées, appellent à repenser nos modes de vie, nos relations, l’organisation de nos sociétés et surtout le sens de notre existence.
Mais nous oublions vite les leçons de l’histoire, « maîtresse de vie ». Après la crise sanitaire, la pire réaction serait de nous enfoncer davantage dans une fièvre consumériste et dans de nouvelles formes d’auto-préservation égoïste. 
Extrait de l’encyclique Fratelli tutti du pape François 
Belle journée. 
Père Hervé



Les commentaires sont désactivés

Commentaires sont fermés