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Messe du 19 novembre animée par le Secours Catholique Caritas France

En cette Journée Nationale du Secours Catholique et de la première Journée Mondiale des Pauvres, l’équipe locale du SCCF a animé la messe du 33 ème dimanche du Temps ordinaire.

Les pauvres mangeront à la table du Seigneur,

Il sera leur nourriture, le Seigneur les servira.

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Nous voici déjà arrivés presque à la fin de l’année liturgique. La semaine prochaine nous la conclurons en fêtant le Christ Roi. Ce 33e dimanche donc est important, car il nous dit quelque chose de notre état de chrétien et de notre mission. Il est important également, parce que c’est la Journée Nationale du S.O.S. et c’est aussi la Première Journée Mondiale des Pauvres, voulue par le pape François. Voilà donc de quoi réfléchir, sur notre agir, sur notre manière de donner, et sur le sens de notre prière.

Alors venons en aux textes que la liturgie nous propose ce dimanche. La 1ère lecture, qui nous parle de la femme parfaite, et une première partie de l’Évangile, nous interpellent sur les dons reçus et sur la manière de les faire fructifier. La 2e lecture et une 2e partie de l’Évangile, nous parlent elles du « rendre compte. »

Si vous le voulez bien, restons sur ce passage d’évangile, avec la parabole des talents que nous connaissons bien. Que nous est-il dit ici, de la part de Jésus lui même ?

D’abord, que les talents que nous possédons sont des dons gratuits de la par de Dieu. Remarquons qu’il y a 8 talents, et 3 serviteurs. Donc ce n’est pas divisible équitablement selon nos critères humains. Pour Dieu par contre ce n’est pas un problème. Il donne en fonction des capacités de chacun, la récompense étant la même pour tous, et c’est celle d’entrer dans la Joie du Maître.

Ensuite la mission, notre mission de chrétien, de baptisé, est bien de faire fructifier ce qui nous a été donné, et cela pour le bénéfice de tous. Du coup le fameux « rendre compte » de nos missions change de perspective. En effet trop souvent nous croyons que ce « rendre compte » est de l’ordre du remboursement d’une dette, ou de la condamnation décidée par un tribunal. C’est d’ailleurs ce que dit le 3e serviteur : « Voici ton talent, tu as ce qui t’appartient. » Sous entendu, on est quitte, on ne se doit plus rien, ni l’un ni l’autre. Eh bien non, ce « rendre compte » est de l’ordre d’une croissance, d’une fécondité, d’un rayonnement à apporter au Maitre. Il me semble même, que si le 3e serviteur avait répondu qu’il avait joué son talent au casino pour gagner plus, et qu’il ait tout perdu, il aurait été accueilli car il aurait tenté quelque chose. Mais sa réponse est de l’ordre : « Chacun sa vie, ne m’importune plus. » Comment peut il alors entrer dans la joie du maître avec cet état d’esprit ?

Une autre leçon que nous pouvons tirer de ce texte c’est le sens que nous donnons à la charité (s.c.c.f.). On pense très souvent qu’il faut se priver, se dépouiller, afin de donner de nos biens aux autres. Eh bien ici le texte nous dit tout autre chose. La charité (amour = caritas en latin) c’est faire fructifier nos talents pour le bénéfice de tous. Et si nous allons un peu plus loin, la charité finalement c’est aider les autres à découvrir leur propre talent, afin qu’ils puissent les faire fructifier, et du coup pouvoir en bénéficier nous aussi. C’est cela que poursuit le Secours Catholique avec son slogan : « S’associer avec les Pauvres pour un Monde plus juste et fraternel. » Car en effet, faire ainsi, c’est vouloir que chacun puisse prendre toute sa place dans la société des hommes, qu’il puisse donc donner, et du coup que nous acceptions de recevoir de lui. C’est donc d’une vraie révolution spirituelle et caritative, dont il est question ici dans cette parabole. On est bien loin de la piécette qu’on donnerait à un mendiant pour être tranquille.

Alors pour conclure, les bénévoles de l’équipe Locale du S.O.S., vous diront qu’ils ont toujours besoin de moyens pour aider ceux qu’ils rencontrent. Cependant comme je viens de vous le dire, le projet national, et le diocésain, insistent bien sur cette association avec les plus pauvres. Alors OUI donnons, mais pour que les moyens soient au service de cette fraternité qui cherche à se construire jour après jour. Ensuite prions, comme le pape François nous le demande, pour demander au Seigneur la conversion des cœurs, et qu’ainsi nous ayons de la joie, de faire fructifier les talents reçus, et que nous voulions également, que les talents des autres fructifient de la même manière.

Enfin, et je finis par cette information plus personnelle. Certains le savent déjà mais pas tout le monde. Suite à mon souci de santé en janvier dernier, j’avais demandé à l’archevêque de me relever de ma mission d’aumônier diocésain du S.O.S. Depuis septembre c’est le père Gilles Marie Lecomte qui assure cette charge pastorale. Cependant l’archevêque ne m’a pas laissé au repos, il m’a nommé adjoint au délégué épiscopal pour le diaconat permanent. Mais après 29 ans passés au S.O.S. avec tout ce que cela m’a apporté, il est évident que je me sentirai toujours membre de ce service d’Église.

Amen !

Homélie de Jean-Marie ancien aumônier diocésain du Secours Catholique

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